Ensemble officiel de Sama et de Madih Tariqa Qâdiriya Boutchichiya

L’Ensemble officiel de Samaâ et de Madih de la Tariqa Qâdiriya Boutchichiya

« L’accès à cette intériorité, c’est toute la voie. »

Sidi Hamza, qu’Allah sanctifie son Secret

Une nourriture pour l’âme

Dans la tradition vivante du tasawwuf, l’audition spirituelle (samâa) n’est pas un simple chant : elle est écoute du cœur, contemplation et remémoration. Depuis des siècles, les voies soufies du Maroc ont fait du samâa et du madîh, la louange du Prophète ﷺ, une nourriture pour l’âme, un art sacré où la poésie des maîtres devient souffle, et le souffle, lumière.

Au sein de la Tariqa Qâdiriya Boutchichiya, le samâa occupe une place précieuse et bien définie : il est au service du dhikr, jamais un substitut. Il prolonge les cercles d’invocation, adoucit les cœurs et les prépare à la Présence. C’est dans cet esprit que les veillées du samedi soir à Madagh, la zaouïa-mère, réunissent depuis des décennies les fuqarâ’ autour des plus belles qasaïd du patrimoine soufi.

Un fruit du souffle du renouveau

C’est en 1987, par l’autorisation (idhn) du maître Sidi Hamza ibn al-Abbas (qu’Allah sanctifie son Secret), que naît l’ensemble officiel de Samaâ et de Madih de la Tariqa. Sa fondation s’inscrit dans le grand mouvement de revivification du soufisme que Sidi Hamza a impulsé : redonner à cette tradition spirituelle toute sa place dans une époque marquée par l’oubli de l’intériorité, à travers un langage et une pédagogie adaptés aux hommes et aux femmes de ce temps.

Comme le rappelle l’anthropologue Faouzi Skali, le soufisme prôné par Sidi Hamza s’est répandu parce qu’il mettait en avant la dimension spirituelle intérieure, sans prosélytisme, pour former des disciples pacifiques, en paix avec eux-mêmes. L’ensemble officiel est l’un des fruits les plus rayonnants de ce souffle : il porte, par la voix, l’héritage de sagesse revivifié au sein de la voie.

L’école de Madagh

L’ensemble officiel est composé d’anciens comme de jeunes disciples de la Tariqa, tous formés à Madagh. Car on n’apprend pas le samâa comme on apprend un métier : on le reçoit, au contact des maîtres et des fuqarâ’, dans les veillées de dhikr, les nuits du Mawlid, de Laylatul Qadr et des grandes célébrations de la voie.

Leur interprétation, essentiellement a cappella, fait résonner le vaste répertoire de la tradition : qasaïd des maîtres du tasawwuf, muwachahât d’héritage arabo-andalou, mawâwîl, louanges du Bien-Aimé ﷺ. Le musicologue marocain Abdelfettah Benmoussa décrit ce samâa comme produisant un état spirituel « où la musique céleste devient audible ». Ceux qui ont vécu ces auditions le savent : il ne s’agit pas d’un concert, mais d’une prière partagée, où chanteurs et auditeurs (moussami’în) cheminent ensemble vers le souvenir de Dieu.

Sous la direction de Sidi Moulay Mouad

Issu de la noble lignée prophétique des chourafa Qâdiri, Sidi Mouad al-Qâdiri Boutchich, actuel guide de la Tariqa, est à la direction de l’ensemble officiel ainsi que de la Fondation al-Jamâl. Sous sa supervision, l’ensemble poursuit sa mission : préserver et faire rayonner l’art ancestral de l’audition dans sa forme la plus pure, celle d’un art sacré vecteur d’expériences et d’enseignements spirituels.

Cette continuité s’enracine dans la fidélité aux guides de la voie : Sidi Hamza, qui autorisa la fondation de l’ensemble, puis Sidi Jamâl (qu’Allah sanctifie leur Secret), qui présida tant de veillées de samâa à la zaouïa, reprenant les chants au premier rang des disciples et se levant pour la hadra. C’est ce sanad vivant, cette chaîne d’autorisation ininterrompue, qui donne à l’ensemble officiel sa spécificité : des voix, certes, mais avant tout des âmes soudées dans le dhikr d’Allah.

Du darîh de Madagh aux scènes du monde

Depuis près de quarante ans, l’ensemble officiel accompagne la vie spirituelle de la voie et porte sa lumière bien au-delà :

  • À Madagh, il anime les veillées du darîh de Sidi Hamza, les nuits du Mawlid lors du Moussem annuel, les veillées de Laylatul Qadr, et ouvre chaque année la Rencontre mondiale du soufisme.
  • Au Maroc, il est l’hôte régulier des grands rendez-vous du patrimoine spirituel, du Festival de la culture soufie de Fès aux théâtres de Rabat, Casablanca, Fès, Marrakech, Tanger, Tétouan et Oujda, notamment lors des tournées ramadanesques « Riyad Annour », ces « Jardins de la Lumière » qui rapprochent le grand public des qasaïd soufies.
  • En Europe et dans le monde, il a porté le chant de la voie à Barcelone, à Bruxelles, à La Haye, et jusqu’à l’église Saint-Merry de Paris, où il fut l’invité d’honneur de la Nuit Sacrée de 2018 aux côtés de chorales de diverses traditions spirituelles : témoignage vivant que la beauté du samâa parle à tous les cœurs et sert le « vivre ensemble ».

Partout, le même constat : au fil de la veillée, l’assemblée s’unit, les voix s’élèvent, et le samâa accomplit sa vocation : rappeler à chacun que nous ne sommes que des passants ici-bas, appelés à devenir des serviteurs de l’Amour.

Écouter

Pour prolonger cette découverte :

  • Les auditions spirituelles publiées sur ce site : veillées du darîh de Madagh, nuits du Destin, enchaînements de l’ensemble officiel.
  • Les répertoires de Qasaïd, Muwachahât et Mawâwîl.
  • Le site de l’ensemble officiel : groupeofficieltkb.com, et l’archive sonore samasoufi.fr.
  • La chaîne YouTube officielle @GroupeOfficielTKB et la chaîne WhatsApp de la Tariqa.

Qu’Allah nous fasse goûter, par la baraka de nos maîtres, la douceur de Son invocation, et fasse de nous des gens de lumière, embellis par l’amour du Bien-Aimé ﷺ.