La Zaouïa Qadiriya Boutchichiya — présentation du Ministère des Habous

Traduction de la notice consacrée à la Zaouïa Qadiriya Boutchichiya par le Ministère des Habous et des Affaires islamiques du Royaume du Maroc, dans son inventaire des zaouïas et mausolées.

La Zaouïa Qadiriya Boutchichiya est une voie soufie marocaine (tariqa), dont le siège se trouve au village de Madagh, dans la province de Berkane, à l’est du Maroc, au pays des tribus des Bni Iznassen. Elle se rattache au Cheikh Abd al-Qâdir al-Jîlânî, qui parut au cinquième siècle de l’hégire. Quant à l’appellation « Boutchichiya », elle lui vient du Cheikh Ali ben Muhammad, surnommé « Sidi Ali Boutchich » parce qu’il nourrissait les gens du plat de dchicha (une bouillie de blé concassé) durant les années de famine.

Cette voie a pour but l’attachement à la noble Loi islamique (Sharia), l’application assidue aux actes d’adoration, la purification des âmes par les diverses formes d’obéissance, l’acquisition et la transmission du savoir, l’ornement de tout noble caractère et le rejet de tout trait vil, la visite mutuelle, la miséricorde réciproque et l’entraide dans les affaires de la religion et du monde, l’appel à Dieu par l’état, la parole et l’acte, enfin la générosité, la magnanimité et la libéralité pour la Face de Dieu, qu’Il soit exalté.

Les cheikhs de la voie

Parmi les cheikhs de la voie Qadiriya Boutchichiya :

  • le Cheikh Sidi Abou Madyan ben El Mnawar (1873-1955)
  • le Cheikh Sidi El Hajj Abbas (1890-1972)
  • le Cheikh Sidi Hamza (1922-2017)
  • le Cheikh Sidi Jamal (1942-2025)
  • le Cheikh Sidi Mouad, cheikh actuel de la voie.

Fondements et constantes de la voie

Parmi les principes et les constantes de la voie Qadiriya Boutchichiya :

  • L’engagement dans les exigences du compagnonnage (suhba) et de la réception auprès du cheikh éducateur, le modèle sincère et accompli, le savant inspiré par Dieu et orné de vertu, et cela à travers :
    • la préservation de la Loi muhammadienne resplendissante.
    • l’attachement aux constantes religieuses et nationales du Royaume chérifien, et leur affermissement.
    • l’ornement des convenances de la vénération (ta’zîm), de la demande d’autorisation et de l’obéissance.
  • Le cheminement sur la voie de la purification (tazkiya) d’une marche droite, d’un noble caractère, d’une conduite empreinte de sagesse, d’une évocation abondante et d’un savoir utile.
  • L’appel par la bonté et la sagesse, en privilégiant la facilité, la progressivité, la douceur, la bienveillance et la levée de la gêne.
  • L’ornement de l’amour et de la miséricorde envers tous les mondes.
  • Le renforcement du lien du disciple (murîd) avec le cheikh éducateur vivant et habilité, afin de recevoir le soutien spirituel et éducatif.

Le dhikr dans la voie Boutchichiya

Quant au dhikr dans la voie Boutchichiya, les cheikhs de la voie en ont établi un ordonnancement des évocations, des litanies coraniques et des Noms divins, comme suit :

Le dhikr ou la litanie individuelle

C’est un ensemble d’évocations quotidiennes que le disciple récite seul et en secret, le matin et le soir, parmi lesquelles :

  • la Fâtiha
  • la demande de pardon (istighfâr)
  • al-Latîf
  • la sourate Yâ-Sîn
  • la prière sur le Messager de Dieu (sur lui la paix), al-Salât al-Jamâliyya
  • deux hizb du Saint Coran
  • un hizb des Dalâ’il al-Khayrât
  • l’évocation « lā ilāha illā Allāh »

Les évocations collectives

  • Le dhikr de la Wadhîfa : un ensemble d’évocations collectives et à voix haute, quotidiennes, qui se divisent en trois selon le moment : la Wadhîfa avant la prière de l’aube, la Wadhîfa après la prière de l’aube, et la Wadhîfa après la prière du coucher du soleil.
  • Le dhikr de l’I’tisâm : un ensemble d’évocations quotidiennes récitées après la prière du coucher du soleil, en groupe et en cercle (halqa) à la zaouïa, alternant entre :
    • al-Latîf
    • la prière sur le Messager (sur lui la paix), al-Salât al-Kâmila
    • la lecture enchaînée du Saint Coran
    • la lecture enchaînée du Sahîh d’al-Bukhârî
    • la lecture enchaînée du Shifâ du Cadi Iyâd
    • la lecture enchaînée de la Burda
    • la lecture enchaînée de la sourate Yâ-Sîn
    • le Nom « Allah » en groupe et à voix haute
    • l’invocation Nâsiriyya (al-Du’â’ al-Nâsirî)
    • la Munfarija
  • Le Tahajjud : un ensemble d’évocations entre le milieu de la nuit et la prière de l’aube.
  • Le Dhikr al-Mukhlisîn (l’évocation des sincères) : un ensemble d’évocations récitées en groupe chaque vendredi après la prière de l’après-midi.
  • Le dhikr de la Taqwiya (le renforcement).
  • Les évocations de la retraite collective (i’tikâf ou khalwa collective) : un ensemble d’évocations récitées durant la période de retraite collective qu’organise la voie à la zaouïa mère de Madagh pendant le mois de Ramadan, le mois d’août, et durant les vacances de printemps. On l’appelle alors la « retraite de printemps », réservée aux jeunes.
  • À cela s’ajoutent les évocations des aumônes (sadaqât) selon les circonstances et les occasions.

Comme il est connu, le dhikr requiert un ensemble de convenances extérieures et intérieures, une pureté complète du corps, du vêtement et du lieu de l’évocation, ainsi que la sincérité de l’orientation vers Dieu.

Activités religieuses et culturelles

Parmi les activités religieuses et culturelles de la zaouïa figure la célébration de la naissance du Prophète (al-Mawlid al-Nabawî al-Sharîf), une grande occasion à laquelle assistent environ 150 000 personnes. Outre les diverses villes marocaines, ces célébrations connaissent la présence de groupes de disciples venus de toutes les contrées du monde. Aussi n’est-il pas surprenant que certaines conférences soient données en langues étrangères, notamment le français, l’anglais ou l’espagnol.

La zaouïa organise également les veillées de commémoration de la nuit du vingt-septième jour de Ramadan, ainsi que l’anniversaire du décès de feu Hassan II (que Dieu lui fasse miséricorde).

Les programmes de ces célébrations religieuses comprennent habituellement quelques œuvres de bienfaisance, telles que la circoncision des enfants des nécessiteux, des conférences et des colloques sur des sujets religieux, puis l’accomplissement des diverses formes de dhikr, la lecture intégrale du Coran et du Sahîh d’al-Bukhârî, des litanies du livre des Dalâ’il al-Khayrât, ainsi que les louanges prophétiques (amdâh) et les cercles de samâ’.


Source : La Zaouïa Qadiriya Boutchichiya — Ministère des Habous et des Affaires islamiques du Royaume du Maroc

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