En hommage à Lalla Zakia Zouanat, qu’Allah l’accueille dans Sa miséricorde, anthropologue, spécialiste du patrimoine soufi marocain et auteure du Royaume des Saints, dont l’œuvre a ouvert le chemin.

Il existe une manière de raconter l’histoire du Maroc qui se lit à même sa terre : celle des hommes de Dieu qui, siècle après siècle, ont fait de ce pays ce qu’un vieux mot désigne encore, la terre des saints et des hommes de bien.
Avec l’autorisation bénie de notre chaykh Sidi Mouad al-Qâdiri Boutchich, nous ouvrons aujourd’hui la carte du Royaume des Saints.
Cent vingt-trois figures y sont posées à l’endroit exact où elles ont vécu, enseigné, puis été inhumées. Des ribâts du Souss aux zaouïas du Tafilalet, de Fès à Tlemcen, de Marrakech aux montagnes de l’Atlas. Elles couvrent près de treize siècles, du VIIIe à nos jours.
Mais cette carte ne se contente pas de situer. Elle se traverse dans le temps. Un curseur mène de l’an 791 à aujourd’hui, et les empires se lèvent et se retirent à mesure qu’on avance : Idrissides, Almoravides, Almohades, Mérinides, Saadiens, Alaouites. À chaque date, la carte montre qui vivait alors, et dessine ce que les générations précédentes avaient déjà laissé derrière elles.
On y voit d’un seul regard ce que les livres racontent au long des pages : la sainteté au Maroc n’est pas une collection de tombeaux isolés. C’est un tissu, dense, continu, qui se transmet de maître à disciple sans interruption depuis treize siècles. Des fondateurs idrissides aux bâtisseurs alaouites, la chaîne n’a jamais été rompue.
Chaque fiche porte ce que les sources établissent, et rien d’autre : la vie, les paroles rapportées, l’empreinte laissée. Le travail s’appuie sur les grands recueils de la tradition marocaine. Là où la source se tait, nous nous taisons aussi.
C’est un ouvrage qui commence, non qui s’achève. D’autres figures viendront s’y inscrire, d’autres sources parler.



Découvrir la carte : boutchichiya.fr/royaume-des-saints











Je m’intéresse depuis longtemps aux disciples et aux adeptes de la zaouïa Boutchichiya, dont certains se distinguent par un niveau élevé d’éducation, de culture et de connaissances. Cette particularité a toujours suscité ma curiosité et m’a donné envie de mieux connaître cette zaouïa, son histoire, sa pensée et son influence. Ma démarche ne relève pas nécessairement d’une adhésion spirituelle, mais plutôt d’un désir d’approfondir ma compréhension culturelle de ce phénomène et de mieux saisir les raisons de son rayonnement auprès de personnes instruites et intellectuellement engagées. »