Dans le cadre de notre rubrique Tribunes, qui pérennise la parole des chercheurs de la Voie, nous présentons ici l’ouvrage de référence de Karim Ben Driss (qu’Allah le préserve), sociologue et directeur de l’Institut Soufi de Montréal, consacré à Sidi Hamza al-Qadiri Boutchich (qu’Allah sanctifie son Secret) et au renouveau du soufisme marocain contemporain.

Parmi les travaux qui ont permis de faire connaître la Voie Qadiriyya Boutchichiya au-delà du cercle de ses disciples, l’ouvrage de Karim Ben Driss occupe une place singulière. Publié sous le titre Sidi Hamza al-Qâdiri Boudchich : le renouveau du soufisme au Maroc, il est l’un des premiers à avoir étudié, avec les outils de la sociologie et de l’anthropologie, le phénomène d’un soufisme vivant qui, loin de s’éteindre dans la modernité, a connu sous la guidance de Sidi Hamza un essor considérable.
Un chercheur qui chemine
Karim Ben Driss n’écrit pas en spectateur. Disciple de la Voie, il connaît de l’intérieur ce qu’il décrit : la transmission de maître à disciple, le travail du Dhikr, la discipline du cœur. Cette familiarité intime, mise au service d’une méthode rigoureuse, donne à son travail une justesse que les études purement extérieures atteignent rarement. Il sait nommer la Présence sans la trahir, et décrire les états spirituels sans les réduire à des objets d’analyse.
Ce que l’ouvrage met en lumière
Le livre retrace comment Sidi Hamza, depuis la zaouïa de Madagh, a su faire d’une voie ancienne un foyer rayonnant, accueillant des disciples du Maroc et du monde entier : étudiants, intellectuels, hommes et femmes de toutes conditions. Là où certains annonçaient le déclin des confréries, la Voie a montré une vitalité renouvelée, fondée sur l’éducation spirituelle (tarbiya) et l’amour de Dieu.
Ben Driss interroge aussi le rapport du soufisme à la société contemporaine : comment une tradition de l’intériorité trouve sa place dans un monde sécularisé, comment elle parle aux générations nouvelles sans rien céder de sa profondeur. Ces questions, il ne les pose pas en théoricien lointain, mais en témoin qui a vu la Voie transformer des vies.
Pourquoi cette parole compte
À l’heure où le soufisme suscite un intérêt grandissant (parfois superficiel, parfois sincère) le travail de Karim Ben Driss offre un repère sérieux. Il rappelle que la Voie n’est pas une mode spirituelle, mais une transmission vivante, ancrée dans une lignée, portée par des maîtres, et tournée tout entière vers la purification du cœur et la connaissance de Dieu.
Cette tribune présente l’ouvrage de Karim Ben Driss, Sidi Hamza al-Qâdiri Boudchich : le renouveau du soufisme au Maroc (éditions Archè / Al-Bouraq). Karim Ben Driss est sociologue et directeur de l’Institut Soufi de Montréal. Ses travaux sont accessibles via l’Institut Soufi de Montréal et sur Cairn.info.







