La ville de Tanger s’est transformée vendredi soir en un espace de dhikr et de louange prophétique. Le Palais de la Culture et des Arts y accueillait la troisième édition de la rencontre « Riyad An-Nour », qui a rassemblé savants, juristes et disciples venus de différentes régions du Royaume, aux côtés d’une délégation religieuse et scientifique venue de Libye.
La rencontre s’est tenue en présence de Sidi Fouad Al-Qâdiri Boutchich, frère du guide de la Tariqa Qâdiriyya Boutchichiya, et a réuni des participants de plusieurs villes marocaines. Les séances de dhikr, de litanies et de madih prophétique se sont succédé dans « une atmosphère empreinte de recueillement et de sérénité », reflet, souligne le média, de l’approche éducative adoptée par la Tariqa Qâdiriyya Boutchichiya, fondée sur un soufisme sunnite du juste milieu, la purification de l’âme et les valeurs d’amour, de coexistence et de tolérance.
Le lancement officiel du Prix Sidi Hamza Al-Qâdiri Boutchich
La soirée a marqué une étape : avec l’autorisation bénie de Sidi Mouad Al-Qâdiri Boutchich, cheikh de la Tariqa Qâdiriyya Boutchichiya, qu’Allah le préserve, le Prix Sidi Hamza Al-Qâdiri Boutchich pour la mémorisation du Saint Coran et l’enseignement de ses sciences a reçu son lancement officiel à l’occasion de « Riyad An-Nour 3 ».
Abdelaziz Afilal, moqaddem de la Tariqa à Tanger, présente la soirée comme un rendez-vous que la zaouïa organise chaque année pour ses disciples : un programme de « dhikr entendu », composé de poèmes marocains authentiques puisés dans un héritage original, porté par l’Ensemble officiel de Samaâ et de Madih de la Tariqa Qâdiriyya Boutchichiya. « Dieu merci, cette année le programme est riche et exceptionnel », confie-t-il, saluant aussi la présence de disciples venus de Libye pour une cérémonie qui, selon ses mots, « connaît un succès retentissant et sans précédent ».
Les voix du Samaâ, sous la supervision du cheikh de la zaouïa
Le média tangérois Tanja24 restitue finement la matière musicale de la nuit. Sous la supervision du cheikh de la zaouïa, Sidi Mouad Al-Qâdiri Boutchich, l’Ensemble officiel a offert un florilège de madihs et de qasidas soufies « dans une interprétation collective où les voix alternent et les répons s’accordent, restituant l’esprit des assemblées de samaâ fondées sur le dhikr, la pureté de la parole et l’évocation de l’amour prophétique et de la purification de l’âme ».
Le programme a alterné passages apaisés et envolées plus amples, « la voix humaine demeurant au premier plan, loin de toute surenchère d’effets ou de mise en scène ». Fidèle au style qui distingue son art, unité du son, gradation mélodique, répons des munshidin, l’Ensemble a donné à la qasida soufie une présence centrale, faisant de l’écoute de la parole une part entière de l’expérience, aux côtés de la mélodie et du rythme. « Riyad An-Nour 3 », écrit le média, a ramené sur la scène du Palais de la Culture un visage du patrimoine soufi marocain, portant l’atmosphère des cercles de samaâ et des assemblées de zaouïa vers une scène ouverte au public de la ville, sans jamais couper le chant de sa racine spirituelle.
Un hommage à la transmission coranique
Temps fort de la soirée : l’hommage rendu au cheikh éducateur Sidi Mohammed Al-Habti, directeur de l’école An-Nour privée d’enseignement traditionnel et président de l’association At-Tadamoun pour la prise en charge des orphelins et des nécessiteux. En lui, la Tariqa a salué l’un des grands hommes de la ville de Tanger, serviteur du Saint Coran et figure de la prédication, de la bienfaisance et de l’amour du bien : des centaines d’étudiants et d’étudiantes se sont formés entre ses mains et dans son institution, dont beaucoup sont aujourd’hui professeurs, docteurs, imams et mourchidines.
Tanja24 salue en lui « le ‘allâma Mohammed Al-Habti, l’un des préposés religieux agréés, reconnu pour avoir encadré des générations d’étudiants en sciences de la charia », honoré « pour son parcours dans l’enseignement et l’orientation, et pour sa contribution à la transmission des sciences religieuses ». L’hommage, note le média, a pris une signification particulière au sein d’une soirée vouée au samaâ et au dhikr : la qasida soufie s’y est unie à la fidélité envers les gens de science et d’éducation.
L’école An-Nour n’est pas un simple centre de mémorisation : c’est une école privée d’enseignement traditionnel (‘atiq) officiellement reconnue par le ministère des Habous et des Affaires islamiques, rattachée à la délégation régionale Tanger-Tétouan. Établie avenue de l’Armée Royale, au quartier Azib El Hajj Kaddour de Tanger, elle dispense un cursus complet couvrant les cycles primaire, collégial et secondaire, où la mémorisation du Coran s’accompagne des sciences de la charia. C’est cette œuvre patiente d’une vie, menée au cœur de la capitale du Détroit, que la soirée a voulu saluer.
Visiblement ému, le récipiendaire a témoigné de sa surprise et de sa gratitude : « En vérité, je n’arrive pas à croire que je sois ici pour être honoré. C’est un choix de Sidi Mouad, par la grâce de Dieu, sans aucune demande de ma part. » Il a salué en lui un « Cheikh bien-aimé et père miséricordieux, en qui nous voyons le bien, la bénédiction, le visage souriant et accueillant, toujours au service des gens de Dieu », avant de rendre grâce au Commandeur des Croyants, le Roi Mohammed VI, « berger et protecteur de ce bien, de cette lumière et de cette paix dont nous jouissons dans notre pays ».
La presse tangéroise s’est largement fait l’écho de la soirée : le média local 9 Avril salue, dans son reportage, « une nuit soufie d’exception » où la Tariqa a célébré « les gens du Coran ».
Une dimension internationale
La délégation libyenne a conféré à la rencontre une dimension internationale. Sa présence témoigne, écrit H-News, « des liens savants et spirituels solides qui unissent le Maroc aux pays musulmans », et illustre le rayonnement continu de la Tariqa Qâdiriyya Boutchichiya au-delà des frontières nationales, portée par son message de modération et de dialogue.
Parmi les hôtes libyens, le professeur Khamis Suleiman Muhammad Suleiman, professeur de sciences coraniques et d’histoire des religions dans les universités libyennes, directeur exécutif de la Ligue libyenne des mémorisateurs du Saint Coran et rapporteur général du Syndicat général des Chorfas en Libye, a exprimé sa gratitude au Royaume du Maroc, gouvernement et peuple, et au Commandeur des Croyants, avant de saluer la zaouïa et son cheikh, Sidi Mouad, qu’Allah le préserve : « Nous sommes sous l’égide de cette zaouïa bénie où nos oreilles sont enchantées et nos langues adoucies par l’évocation de Dieu, ce qui témoigne de l’amour pour le Prophète, que la paix et la prière de Dieu soient sur lui, dans ce pays. »






Sources : H-News (hnews.ma), article d’Amin Al-Qadri, 18 juillet 2026 (citations issues du reportage vidéo accompagnant l’article et du communiqué de la Tariqa) · Tanja24, « Dans les jardins de Riyad An-Nour 3 : le madih boutchichi coule à Tanger et célèbre les gens de science » · 9 Avril (9avril.ma), reportage vidéo, 18 juillet 2026 · fiche officielle de l’école An-Nour, ministère des Habous et des Affaires islamiques.







