La Tariqa Qadiriya Boutchichiya est souvent décrite comme une spiritualité enchanteresse, fondée sur l’amour divin et la beauté. À partir d’un article du quotidien Le Matin, nous proposons ci-dessous, dans le cadre de notre revue de presse, une présentation de ce qui fait le cœur de la voie. La source est accessible en fin d’article.
Une lignée d’amour et de connaissance
La Tariqa Qadiriya Boutchichiya s’inscrit dans une lignée spirituelle prestigieuse, qui remonte au grand maître Moulay Abdelkader al-Jilani, au douzième siècle. Le nom de Boutchich, lui, s’attache à la voie à partir du dix-huitième siècle. De cette filiation, la confrérie a hérité une manière d’être au monde où la connaissance de Dieu passe d’abord par l’amour.
C’est cet amour, la mahabba, qui donne à la voie sa tonalité particulière, celle d’un soufisme de la Beauté, le Jamal, où Dieu se laisse connaître par la douceur plutôt que par la crainte.
Le dhikr, fondement de la voie
Au principe de la pratique se tient le dhikr, l’évocation du Nom divin. C’est par lui que le disciple oriente son cœur, le purifie et l’apaise. Autour du dhikr s’organisent le samaa, l’audition spirituelle, et le madih, les chants à la louange du Prophète, qui créent cette atmosphère mystique dont témoignent les visiteurs de la zaouïa.
Loin d’être une fuite hors du monde, cette pratique enracine le disciple dans les valeurs de l’islam et du Maroc. La voie y voit un rempart contre les dérives et l’extrémisme : un cœur habité par l’amour de Dieu et du prochain ne se laisse pas gagner par la haine.
L’héritage d’un grand maître
Pendant près d’un demi-siècle, le cheikh Sidi Hamza al-Qadiri al-Boutchichi, qu’Allah sanctifie son Secret, a guidé cette voie et lui a donné son rayonnement contemporain. Sous sa direction, la Tariqa a porté loin son message d’amour et de paix, attirant chaque année des milliers de fidèles du monde entier au moussem de Madagh.
C’est cet héritage, fait de beauté intérieure et d’amour divin, que la voie continue de transmettre. Dans un monde souvent traversé par la dureté, le soufisme de la Beauté propose un autre chemin : celui d’un cœur qui se laisse transformer par l’amour de son Seigneur.
Source : Le Matin (français), 22 octobre 2018. Synthèse : boutchichiya.fr.







